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Voyage dans les confins
Dans son livre « Patagonie Rote 203 », Fernando Varela embarque dans un camion dont on n’a pas envie de descendre.
À travers la Patagonie, Fernando Varela en appelle à l'imaginaire le plus truculent. Photo Philippe Matsas N on mais quel voyage ! À 60 ans, l'Argentin Eduar do Fernando Varela frappe un coup magistral avec un premier roman qui catapulte aux confins de la Patagonie, fiction portée parla plus fan tasque, la plus vagabonde, des histoires. Morceau de bravoure, les premières pages irrésisti bles donnent le ton d'un roman à l'imaginaire extra vagant. Au volant de son camion, avec pour tout compagnon unsaxodontilnejouejamais, Parker sillonne la Patagonie jusqu'àlaTerre de F eu. ChezVarela, la magie surgit àl’improviste. Tout peut arriver. Il transporte des cargaisons aléatoires, d'une importance relative puisque son patron ne le paie jamais. La seule boussole du solitaire indique une distance maximum avec Buenos Aires où une précé dente vie turbulente lui alaissé quelques ennemis. Aux confins du continent, sans autres repères que des livraisons improbables, Par ker change toutefois de cap lorsqu'il rencontre la caissière d'une fête foraine pouilleuse, beauté sauvage lestée d'un mari très jaloux. Là où l'univers « se froisse comme un papier de bon bon », oùles itinéraires se cal culent en jours (« après-demain, tournezàgauche, lundi, vous tournez à droite jusqu'à l'Atlantique; c'est le seul océ an, vous ne pouvez pas vous tromper»), Parker installe àla belle étoile le campement coquet extirpé de son camion. ChezVarela, la magie surgit à Timproviste. Tout peut en effet arriver dans ce désert peuplé des personnageslesplusabracadabrants tel le journaliste persuadé que des sous-marins allemands de la Seconde guerre poursuivent leurs maraudes. Des Indiens dont les aïeux ont jadis croqué des Conquistadors naufragés, parlent en Castillan et por tent en euxla nostalgie d'une Espagne dont ils ignorent tout. Des histoires s'effilochent, un amour cahote sur les rou tes secondaires, des villages changent de nom, tandis que Parker le camionneur amou reux confie chaque jour sa liberté aux soins du hasard. Entre réalisme magique de la littérature sud américaine et paysages de western argen tin, Eduardo Fernando Vare la offre le plus dépaysant des passeports pour Tailleurs. Une bulle d'évasion parfaite pour s'extraire de la morosi té. Frédérique Bréhaut «Patagonie Rote 203». Eduardo Fernando Varela. Traduit del’espagnolparFrançoisGaudry.
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